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Dominance sociale et communication acoustique dans des modèles murins de schizophrénie

Les perturbations de la communication et du comportement social sont des caractéristiques invalidantes majeures, communes à la plupart des pathologies mentales et psychiatriques. Dans une étude qui vient d’être publiée dans la revue Neuropharmacology, Sylvie Granon et ses collègues, en collaboration avec des chercheurs de Theranexus (Lyon) et de l’Université de Grenoble Alpes, ont comparé trois composantes principales des comportements sociaux chez différents modèles de souris précédemment validés comme pertinents pour étudier certains symptômes de la schizophrénie :

1) l’intérêt porté à un stimulus social,
2) la capacité à organiser des interactions avec un congénère inconnu et
3) la communication acoustique.

Ces chercheurs avaient précédemment développé la tâche d’interaction sociale qui permet d’étudier l’organisation des relations sociales et repose sur l’activité du cortex préfrontal, une structure-clef des pathologies psychiatriques. Cette tâche est aussi la seule qui permet de mesurer la communication sociale chez la souris adulte. Dans ce travail, ils ont étudié des modèles validés de certains symptômes de la schizophrénie tels que des souris traitées pharmacologiquement (MK801 ou kétamine), ou porteuses d’une mutation particulière.

Leurs résultats révèlent qu’il y a une distinction entre être intéressé par un congénère, aptitude préservée chez les modèles de la pathologie, et agir socialement de façon organisée, aptitude compromise chez les trois modèles. Notamment, les animaux traités au MK801 montrent une diminution exagérée de l’établissement de la dominance, un retrait social, associés à un défaut majeur de communication, une combinaison classiquement associée à la schizophrénie. Certains comportements sociaux –mais pas la communication- ont été restaurés par un antipsychotique atypique, l’aripiprazole.

Ces résultats, obtenus grâce à la comparaison de plusieurs tâches comportementales complémentaires et des analyses en composantes principales, offrent un point de vue intégratif des troubles sociaux. Ceci fournira un nouveau cadre expérimental permettant à la fois de reconsidérer les modèles animaux de pathologies mentales et de mettre à l’épreuve des traitements potentiels.

- Article paru dans la revue Neuropharmacology, le 17 septembre 2018 : Dissociated features of social cognition altered in mouse models of schizophrenia : Focus on social dominance and acoustic communication.
Alexis Faure, Anne Nosjeana, Elsa Pittaras, Adeline Duchêne, Annie Andrieux, Sylvie Gory-Fauré, Mathieu Charvériat, Sylvie Granon
. (DOI :10.1016/j.neuropharm.2018.09.009)

 

 


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